CHANDRASANA (le croissant de lune) Suite

Mais revenons alors à notre féerique croissant de lune…

Nous voici en possession de moyens d’accession à la posture de Chandrasana dans la partie basale. Pour idéaliser la posture : mettez-vous devant un mur blanc, en face, placez un projecteur orienté sur vous de façon à ce qu’au mur vous fassiez une ombre chinoise avec votre corps de profil. Quelqu’un va avec un feutre dessiner sur l’ombre la courbure de votre corps jusqu’au parfait de votre posture du croissant de lune. Quand le croquis, l’esquisse finale, vous permettra de constater que vous avez su effacer les creux et les bosses et accomplir cette finesse des pieds jusqu’au bout des mains, vous aurez Chandrasana. Vous deviendrez apte corporellement parlant à commencer l’exécution véritable de la posture.

Dans un second temps, nous pourrons intervenir physiologiquement dans le sens de savoir bien étirer son corps comme un caoutchouc que l’on tire du bas vers le haut de la tête non renversée à l’arrière mais enfermée dans les bras qui eux seront étirés toujours secondairement en sachant garder l’horizontalité des épaules, avec le souci de ne pas rapprocher les omoplates l’une vers l’autre.

Le lieu d’activité subtile est le buste, il est le lieu tabernacle du cœur subtil. La partie sternum bien ouverte, vivante, en devient le centre d’intérêt. Grandir, ouvrir ce lieu dans l’intensité et accepter : je n’ai pas de violence, ni de douleur aiguë. Ensuite, soit je ferme tout simplement cette posture, elle reste Chandrasana, très bien, avec coup de chaleur qui monte d’un coup dans les épaules jusqu’au bout des mains, accompagné souvent d’un second courant cette fois de fraîcheur ou même de fourmillement, c’est le bénéfice normal.

Soit la posture se continue et quitte Chandrasana pour s’enchaîner dans Prana (courant magnétique subtil décrit plus haut : chaleur, fraîcheur, fourmillement) Shanti (paix) Mudra (enfermer). Prana Shanti Mudra, nous y voilà :

Les bras élevés vers le ciel, je ressens passer délicieusement la respiration du pranayama de l’Ujaï qui coule doucement dans le haut de ma poitrine ouverte, agrandie, vivante. J’ouvre dans l’inspir tout grand ce lieu tabernacle de mon cœur pour y recevoir cette communion intime et subtile, véritable célébration d’espoir, d’enseignement en devenir.

Il y a eu un instant d’émotion où j’ai cessé d’exister dans mes limites humaines. Quelques instants plus tard, j'enferme ces instants magiques dans le fond de moi (Mudra), je replie doucement mon corps vers l’avant quelques instants mes bras ballants, mon ventre appuyé contre mes jambes, dans une pince.

Chandrasana est le trait d’union qui conduit à la dimension supérieure Prana Shanti Mudra, vers une sacralisation.

Comme l’huître qui, une seule fois dans sa vie, monte exceptionnellement à la surface de la mer chercher par une pluie particulière, une goutte de cette pluie pour en se refermant en faire une perle et replonger vers le fond de la mer, exactement aussi comme le chrétien va à la chapelle, recueilli, recevoir l’hostie que lui donne le prêtre et s’en va dans une attitude recueillie, sa communion au fond du cœur, Prana Shanti Mudra est une consécration alliée à Chandrasana (dans cet exemple).

En tout cas, c’est ainsi que moi je le ressens, que je le vis et que j’engage les autres à la vivre et la faire vivre.

Cet ensemble d’exercices est applicable en beaucoup de circonstances, en salle ou dans la nature, au soleil levant, couchant, devant une montagne, un arbre, ou tout autre support possible, musical, émotionnel etc…

Et bien sûr, cette expérience est incluse dans la clôture d’un exercice du Toumo, par exemple à la fin de l’assise matinale immobile dans le froid ou après un bain de neige dans la poudreuse ou dans la rivière, ou après une douche sous la cascade lorsque le corps est « flingué ».     Maurice DAUBARD

 

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